Mieux faire face aux pics de pollution à l’ozone

L’objectif des politiques publiques devrait être de ne plus avoir à faire face à des pics de pollution grâce à des changements profonds de comportement, à des investissements massifs dans les transports non polluants, à un cadre réglementaire plus volontariste et une anticipation des périodes critiques. Mais dans l’immédiat, nous devons beaucoup mieux faire face à la récurrence des pics d’ozone.

Sur la Côte d’Azur, nous sommes les bonnets d’âne en termes de qualité de l’air (67 jours par an de qualité de l’air « très médiocre » ou pire, comme aujourd’hui 4 juillet où il est « très mauvais » à Nice). Face à cette situation, nous sommes totalement désarmés. Seule mesure prise par la Préfecture, les panneaux incitant à baisser nos vitesses de 20 km/h sont en dessous de tout.

Il est incompréhensible que l’agglomération niçoise ne soit pas l’objet d’une circulation différenciée lors de ces épisodes. Par ailleurs, Nice-Matin a consacré un dossier très intéressant à des mesures souhaitables en cas d’alerte. J’en rajouterais 3 :

1/ Surtaxer et interdire la circulation des camions la nuit

Les poids lourds les plus polluants n’ont plus le droit de circuler dans le tunnel du Mont Blanc depuis le 1er janvier. La première conséquence est leur report massif sur l’A8 via Vintimille, aggravant un problème déjà chronique dans notre région. Il est bien sûr toujours urgent d’obtenir la possibilité de mettre en place localement un sur-péage poids lourds dans la Loi Orientation Mobilité (LOM) actuellement en débat au Parlement. Aucun des parlementaires du département ne s’est saisi de cette question pourtant cruciale. Christian Estrosi qui avait soulevé cette question avec justesse n’en parle plus depuis la crise des gilets jaunes. Nous sommes pourtant dans une période décisive au niveau législatif, il faut se réveiller !

Nous devons aussi obtenir un droit à l’expérimentation sur l’interdiction aux poids lourds de plus de 7,5 tonnes circuler la nuit, comme c’est le cas en Autriche entre 22h et 5h du matin. Cette mesure favoriserait le report modal vers le rail, permettrait une baisse de la pollution sonore comme atmosphérique et favoriserait le respect des droits sociaux des camionneurs de certains pays européens peu regardants sur la question.

2/ La gratuité des transports en commun lors des pics de pollution

A Nice comme dans les autres grandes villes du département, la majorité des déplacements en voiture ne dépasse pas 3 km. Au moment où le réseau de tramway s’étoffe avec la mise en service de la quasi totalité de la ligne 2, les pouvoirs publics doivent inciter les automobilistes à se reporter vers les transports en commun pour les plus courts trajets. La gratuité lors des pics de pollution aurait un effet incitatif mais aussi éducatif sur la population. Le manque d’information et d’initiatives de ces derniers jours est en effet très déresponsabilisant pour le citoyen

3/ Une appli pour inciter à lever le pied

Tout le monde sera d’accord : les radars sont assez nombreux et les panneaux incitant à rouler moins vite largement ignorées. Pour réduire la vitesse qui a une influence importante sur les niveaux d’ozone, outre la stratégie répressive, on pourrait utiliser un système incitatif. Les applis de navigation permettent de jauger notre vitesse et de la comparer aux vitesses autorisées. Une appli développée par Vinci ou par les pouvoirs publics pourraient utiliser ce système non pas pour verbaliser les infractions mais pour récompenser les conducteurs qui lèvent le pied à bon escient dans des zones sensibles telles que l’A8, en particulier lors des pics de pollution. Les récompenses offertes pourraient concerner les tarifs des péages ou, encore mieux, des billets gratuits pour les transports en commun et, pour les meilleurs élèves, des vélos (à commencer par ceux qui végètent à la fourrière). Ce système est actuellement en expérimentation sur l’A22 dans la Région du Brenner entre les Tyrol italiens et autrichiens

Xavier Garcia
1er secrétaire du PS 06

Lutte contre la pollution maritime : la solution des branchements à quai

L’étude de l’ONG Transport & Environnement a démontré l’ampleur de la pollution engendrée par le trafic maritime et notamment les paquebots de croisière, présents en masse sur la Côte d’Azur.

Au-delà de la question réglementaire par rapport à l’utilisation de fioul lourd ultra-polluant sur les côtes méditerranéennes et de l’offre en carburants alternatifs (GNL), des solutions existent pour limiter l’impact environnemental des bateaux de croisière et des lignes régulières lorsqu’ils stationnent dans nos ports.

Il faut savoir que la majorité des émissions du transport maritime est émise lors du stationnement à quai et dans la zone de vitesse réduite. Les moteurs des bateaux continuent de tourner pour assurer l’alimentation électrique et émettent des quantités astronomiques d’oxydes de soufre et d’azote, de particules fines et de CO². Sur le littoral azuréen, cela représente 5 à 10% de la pollution urbaine en haute saison.

La connexion électrique des bateaux est la solution la plus performante. Il s’agit de branchement haute tension des navires durant leurs escales commerciales. Les économies réalisées sont évaluées entre 2 et 4 tonnes par jour pour un ferry (soit l’équivalent de 3000 véhicules/jour pour la diffusion de particules fines et de CO² et de 65.000 véhicules/jour pour les dioxydes d’azote Nox), en plus de la réduction des nuisances sonores.

Il est urgent d’expérimenter puis de généraliser cette solution dans les ports de Nice et de Cannes. A Marseille une expérimentation est déjà en cours avec la compagnie de ferries, la Méridionale.

L’investissement à prévoir serait d’environ 1,5 million d’euros par port. Rien d’insurmontable avec des financements croisés de l’État, des collectivités, de l’ADEME et de l’Union européenne (FEDER). Pour inciter les compagnies, il conviendra de mettre en place un système de bonus/malus écologique très volontariste par des réductions et des augmentations ciblées des droits de port.

Xavier GARCIA

[COMMUNIQUE DE PRESSE] Une immense victoire

C’est un combat menée par la gauche depuis quasiment 20 ans et l’annonce par Christian Estrosi du prolongement de la ligne 1 du tramway jusqu’à Cantaron, en passant par l’Ariane et la Trinité est une immense victoire. C’est même l’une de mes plus belle journées en politique. On se sent parfois inutile dans l’opposition et ce dossier montre qu’on ne l’est pas. En mettant une pression constante sur Christian Estrosi, en joignant un collectif de partis et d’associations citoyennes, en soumettant des propositions concrètes, nous avons réussi à désenclaver un quartier et une vallée qui sont méprisés depuis près d’un siècle.  

La desserte de Cantaron, si elle se confirme, est un choix stratégique fort. Depuis 15 ans, sous l’effet de la flambée des prix de l’immobilier sur le littoral, la Vallée du Paillon a connu une augmentation de population très importante (près de 10% entre 2010 et 2017 selon le dernier recensement) et elle est totalement asphyxiée par le trafic automobile. 


La mise en œuvre du projet sera particulièrement importante, notamment l’accord avec la SNCF mais aussi les aménagements routiers qui seront nécessaires, notamment au niveau du passage à niveau entre l’Ariane et la Trinité, véritable goulet d’étranglement. Nous serons quoi qu’il en soit encore et toujours là pour nous assurer que les promesses pré-électorales soient tenues.

Xavier GARCIA

Financer la prolongation de la ligne 1 par un tarif du tram différencié à l’aéroport

Nous avons d’un côté des habitants de la Métropole niçoise qui ont payé et vont continuer de payer – très cher – la ligne 2 du tramway et qui trouvent injuste de devoir payer un tarif majoré pour se rendre à l’aéroport. D’un autre côté, il y a la perte d’exploitation pour les taxis, même si la profession a du mal à émouvoir au-delà de la profession, et il y a surtout le manque à gagner pour Lignes d’Azur. En se basant sur le prix du ticket de bus desservant l’aéroport (6€) et le nombre de passagers de l’aéroport (près de 14 millions), on mesure l’ampleur de l’enjeu financier. Si un tiers des passagers empruntaient le tram (hypothèse basse), le différentiel s’élèverait à 25 millions d’euros. Autant d’argent qui pourrait être réinvesti dans une politique de mobilité ambitieuse.

La solution pour concilier justice pour les contribuables et juste prix serait tout simplement un tarif différencié. Les métropolitains paieraient 1€ ou 1,50€, les autres entre 6 et 8€. Techniquement, la solution n’a rien d’insurmontable. Pour appliquer un tarif plus élevé à l’aéroport que sur le reste du parcours, il faut un système de portes automatiques à l’entrée et à la sortie, comme dans le métro parisien ou l’Orlyval. En présentant à la borne une carte ou leur smartphone au préalable, les habitants de la Métropole n’auraient plus qu’à insérer ensuite un ticket de tram classique.

Cette mesure rapporterait au moins 15 millions d’euros par an. Elle pourrait intégralement financer en une dizaine d’années (peut-être moins) la prolongation de la ligne 1 jusqu’à La Trinité sans qu’un seul euro soit déboursé par le contribuable.

Désengorger les accès routiers à Monaco : la solution du VAL

Il y a plus de 50.000 actifs à Monaco. Moins de 15 % d’entre eux y habitent. Les trois quarts viennent des Alpes-Maritimes, dont un quart seulement des communes limitrophes, Roquebrune-Cap-Martin, Cap d’Ail, Beausoleil et La Turbie, où la pression foncière et le coût du mètre carré limitent de plus en plus les possibilités de logement.

En conséquence, chaque matin de semaine, le tunnel reliant l’A8 à Cap d’Ail et le village de la Turbie se transforment en enfer routier. Immuablement, aux heures de pointe, le tunnel situé après la sortie de l’A8 vers Monaco est fermé pour éviter la saturation et les véhicules des salariés de la principauté se déversent sur la Turbie et des routes secondaires qui redescendent vers la moyenne Corniche et qui ne sont pas du tout adaptées à ce trafic de masse.

Malgré tous ses défauts, les retards proverbiaux et sa propre saturation, le réseau TER est une solution bien plus satisfaisante pour les usagers qui habitent près du littoral, mais pour beaucoup d’autres qui habitent trop loin des gares, il faut prendre la voiture et adopter avec fatalisme l’adage de Winston Churchill : « Quand tu traverses l’enfer, continue ton chemin« 

L’idée d’un funiculaire reliant la sortie autoroutière de la Turbie est régulièrement évoquée sans qu’un projet concret ait encore vu le jour.

Comme il est inconcevable d’assurer une liaison directe entre la Turbie et Monaco en défigurant un paysage d’une beauté exceptionnelle, la solution du tunnel apparaît la seule acceptable. Et pour un trafic pendulaire massif aux heures de pointe, le VAL offrirait toutes les garanties de fiabilité, de rapidité, de souplesse et de coût de fonctionnement.

Le VAL (véhicule autonome léger ou Villeneuve d’Ascq-Lille du nom du premier projet de ce type) est un métro léger sans conducteur. Entièrement automatisé il circule en sous-terrain, tranchée couverte, ou viaduc, et ne traverse donc jamais la circulation automobile. C’est une salle de contrôle qui permet de mettre en route autant de rames que nécessaire, suivant les heures de pointe ou évènements déplaçant du public. Sa fréquence peut être inférieur à la minute et peut permettre de transporter jusqu’à 30.000 personnes par heure. D’autre part sa fiabilité ferait rêver tous les naufragés du TER Nice-Vintimille. Elle est en effet proche de 100%. Il n’y a pas d’accident car un VAL ne croise pas de circulation automobile et les voies sont protégées par des porte vitrées automatiques pour éviter accidents et suicides.

Le plus célèbre est l’Orlyval, bien connu des habitués de la navette aérienne Nice-Paris, mais d’autres villes françaises en sont dotées (Lille, Toulouse et Rennes) ainsi que Chicago aux Etats-Unis. Depuis plusieurs années, le Laurentin Cyril Cousinié milite sans relâche pour un VAL reliant Nice à Cannes.

L’investissement de départ est plus important que pour un tramway en surface par exemple mais l’un des gros avantages du VAL est sa rentabilité, du fait de sa souplesse et de son fonctionnement automatisé qui nécessite moins de personnel (30 à 37% du coût contre 60% pour un tram). Des emplois « perdus » qui pourraient être récupérés sur des navettes autoroutières desservant la sortie de La Turbie.

Bien entendu, un parking relais devra être construit à l’entrée de la station de départ à la Turbie où trouver un terrain juste après la sortie de l’A8 ne posera aucun problème.

La longueur d’un tunnel entre la Turbie et Fontvieille à Monaco tournerait autour des 2,5 km pour un coût d’environ 250 millions d’euros. Un investissement loin d’être anodin mais prioritaire compte tenu de l’impact économique et environnemental de ce noeud routier, et avec un financement croisé des Etats français et monégasques, des collectivités concernées et de l’Union européenne, il n’est pas hors d’atteinte.

Une Vélorution pour les Alpes-Maritimes

Au mois de septembre dernier, avec mon compère écologiste Laurent Lanquar, nous avons présenté une série de propositions destinée à faciliter l’usage du vélo dans le département où il ne représente que 2% des déplacements alors que les pics de pollution à l’ozone se multiplient et que l’essentiel des déplacements en voiture ne dépassent pas les 5 km. Grâce à une politique volontariste, la Métropole de Bordeaux affiche 7,7% de déplacements effectués vélo. Au Pays-Bas, c’est 17% ! Si la topographie maralpine n’est pas celle d’Amsterdam, notre climat se prête merveilleusement à la pratique cycliste et nous avons les moyens de faire beaucoup mieux avec la mise en place de mesures simples et peu onéreuses.

Nous proposons notamment : un appel aux financements européens pour compléter l’Euroroute cycliste entre Cannes et Vintimille ; la création de vraies pistes cyclable séparées et en double sens sur les axes structurants ; des parkings sécurisés aux abords des gares ; la gratuité des parkings publics pour les vélos électriques ; la création d’un système de vélo-partage sur les agglomérations cannoise et antiboise ; l’extension vélos bleus à La Trinité et Sant-André ainsi qu’à la Madeleine et l’amélioration de la gestion des flux entre les stations ; l’installation de porte-vélos sur les bus desservant les zones collinaires ou encore la création des dimanches sans voiture sur certains axes emblématiques du département.

Ce plan a été envoyé à toutes les collectivités compétentes pour une prise de conscience collective au-delà des clivages.

Les propositions détaillées