10 ans de vélos bleus : une réussite qui a besoin d’une relance

Mis en place fin-juillet 2009, le système niçois de vélopartage des Vélos Bleus qui vient de fêter ses 10 ans reste une réussite. Le coût de l’abonnement est très raisonnable, le maillage est satisfaisant du moins dans le grand centre-ville et le côté pratique a séduit de nombreux usagers.

Mais le système compte encore trop de défauts qui n’ont pas été corrigés. Ils sont un frein au développement de la pratique du vélo à Nice, qui accuse toujours un gros retard par rapport à la plupart des autres grandes villes françaises. Les 15.000 abonnements annuels sont loin d’être négligeables, mais la part d’usage touristique de court terme gonfle sans doute les chiffres et la marge de progression est encore très importante si le système est sensiblement amélioré. Voici quelques propositions d’un abonné à moitié satisfait.

Une gestion des flux à anticiper

Même s’il y a eu une amélioration cette année, cela reste l’un des gros points noirs du système. Les flux quotidiens sont assez similaires en fonction des saisons et ils sont insuffisamment anticipés par le concessionnaire, Veloway.

Dans les stations des quartiers excentrés, le matin, après 8h30 ou 9h, il est difficile de trouver un vélo en état de marche. Dans les deux stations les plus au Nord de la ville (St Maurice et le Ray), c’est souvent mission impossible.

A l’inverse, il n’est pas rare que les stations de l’hypercentre où se concentrent beaucoup d’activités professionnelles ou commerciales soient saturées. Il m’est arrivé à deux reprises de parcourir 5 stations avant de pouvoir restituer un vélo… à plus d’un kilomètre de mon lieu de travail.

Ces flux d’heures de pointe devraient faire l’objet d’une organisation systématique.

Trop de matériel défaillant

On sait à quel point le temps gagné ou perdu est prépondérant dans le choix du mode de transport. En cœur de ville, le vélo est le moyen de déplacement le plus rapide, à condition que le matériel soit fiable et malheureusement, c’est loin d’être toujours le cas des Vélos Bleus. Ce manque de fiabilité constitue une perte de temps majeur, réellement rédhibitoires lorsqu’on a des contraintes professionnelles. Pendant toute une période, je n’ai pas renouvelé mon abonnement pour cette raison.

Il n’est pas rare de devoir louer deux vélos défaillants avant d’en trouver un en bon état, le test sur place ne suffisant pas toujours à évaluer l’état de marche. Entretemps, il se sera écoulé dix bonnes minutes car les bornes informatiques ne sont pas elles non plus très réactives, même si récemment, les temps d’attente ont été réduits.

Chaque semaine une centaine de vélos sont envoyés en réparation et beaucoup d’autres restent dans les stations. Il faut donc se rendre à l’évidence : le matériel n’est pas de très bonne qualité et il faudrait songer à passer à une nouvelle génération de vélos bleus, plus légers et fiables. A terme, l’investissement serait en grande partie amorti par le différentiel de coûts d’entretien et par le gain d’abonnés.

Une extension sur des quartiers et communes périphériques de l’Est de la ville

Communes métropolitaines, Saint-André de La Roche et La Trinité sont beaucoup plus proches que Cagnes sur Mer du centre-ville de Nice et la topographie n’y est en rien dissuasive pour la pratique cycliste. Pourtant Cagnes-sur-Mer ainsi que Saint-Laurent du Var disposent de stations de vélos bleus alors qu’il n’y en a aucune au-dessus des stations de tramway de Pasteur et de Pont Michel. Il faut remédier au plus vite à cette inégalité et mettre en place des stations jusqu’à la piscine de Saint-André d’un côté et la mairie de La Trinité de l’autre, en passant par Bon Voyage, les Liserons et l’Ariane.

Pourraient être a minima desservis par une station, du Sud au Nord : l’école Bon Voyage, l’hôpital Sainte-Marie, les Liserons, la mairie de Saint-André, la piscine de Saint-André, les deux ponts de l’Ariane, le stade de l’Oli, le collège la Bourgade, la gare de La Trinité, les Chênes Verts et Auchan. Soit au total, 12 nouvelles stations. Il faudrait en parallèle travailler sur une convention avec la Communauté de communes des Paillons pour desservir le lycée de Drap. La topographie est favorable et la route totalement saturée le matin.

Si Nice-Nord a été desservi après que j’en ai formulé la demande en 2016, le maillage des stations reste insuffisant. A minima, il faudrait rajouter une station sur le haut du boulevard Cessole, une sur l’avenue Henri Dunant et une autre autour du futur parc du Ray.

Enfin, si la topographie apparaît défavorable, il est dommage de ne pas s’appuyer sur la belle piste cyclable reliant Nice à Villefranche-sur-Mer et y installer une ou deux stations sur la Basse Corniche, à titre expérimental. Si le succès est au rendez-vous, des stations pourraient être mises en place jusqu’à Beaulieu-sur-Mer.

Des enquêtes régulières auprès des usagers

Toutes ces propositions d’amélioration – et d’autres encore – couleraient de source si les usagers étaient davantage associés à l’évaluation du système. Il est dommage que les 15.000 abonnés ne soient jamais consultés.

Une enquête annuelle devrait être instituée pour mesurer le taux de satisfaction sur différents indicateurs (rapidité, fiabilité du matériel, maillage des stations…), pour mieux connaître leur pratique ainsi que leurs souhaits en termes d’évolution du système et de la desserte. Il serait aussi intéressant de savoir pourquoi certains abonnés ne renouvellent pas leur souscription.

Lancer une première consultation serait en tout cas une belle façon de célébrer ces 10 années d’existence.

Xavier GARCIA

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